Dimanche 22 juin 2008
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La commission des comptes de la sécurité sociale annonce aujourd’hui ses prévisions pour l’année 2008. Ces chiffres indiquent un
déficit prévisionnel de près de 9 milliards d’euros, dont 5,6 milliards d’euros pour la branche vieillesse et plus de 4 milliards d’euros pour l’assurance maladie.
L’objectif de la réforme DOUSTE-BLAZY qui prévoyait un retour à l’équilibre en 2007 est définitivement hors de portée. L’échec de la réforme FILLON de 2003 sur les retraites est confirmé puisque
le déficit de l’assurance-vieillesse ne cesse de se creuser depuis 2004.
Dans le domaine des retraites, tout indique que la priorité concernant l’emploi des seniors n’existe pas. Dans ces conditions la volonté d’allongement de la durée
de cotisation n’a pas de sens. L’intention de culpabiliser une fois de plus les salariés et les retraités est en outre inacceptable. Il faut rejeter la stratégie du bouc émissaire.
La dette sociale frôlera les 100 milliards d’euros à la fin de l’année, la gestion 2002 - 2008 est à elle seule, responsable de près de 80 milliards du déficit
cumulé. Cet échec est celui de la droite ; il illustre la contre performance économique et sociale de cette majorité depuis le printemps 2002. Pourtant le retour à l’équilibre annuel des
comptes sociaux est possible. Le gouvernement de la gauche en, 1999, 2000 et 2001 y était parvenu grâce à une politique active de croissance, d’emploi et de recul de la précarité
salariale.
La droite tend à utiliser son propre échec pour réduire le champ de la protection sociale solidaire. La politique des forfaits mais surtout des franchises médicales
en est la concrétisation la plus spectaculaire, sans parler du fiasco du dossier médical. La flambée des dépassements d’honoraires de l’ordre de 2 milliards d’euros annuels exacerbe les
injustices. La proposition de la ministre en charge du dossier, de faire des devis pour les actes de plus de 80 euros, relève de la mise en scène.
Le Parti socialiste condamne cette démarche qui aggrave les inégalités devant la santé et devant les aléas de la vie. Aujourd’hui la disparité de l’espérance de vie
à 60 ans, atteint près de 10 ans, selon les catégories socioprofessionnelles, les métiers et les territoires.
Enfin les socialistes seront très vigilants vis-à-vis du pouvoir, dans le cas où celui-ci serait tenté d’utiliser, face à l’ampleur de l’impasse financière, une
partie du fonds de réserve des retraites à des fins de gestion immédiate et de bricolage. Le fonds de réserve des retraites est un gage de préparation de l’avenir qui appartient à tous les
assurés sociaux. Il doit être vigoureusement abondé et non dilapidé. Les socialistes très inquiets de l’accumulation des déficits mais aussi des mauvais coups en préparation contre la sécurité
sociale seront très attentifs à l’élaboration du PLFSS 2009.
Communiqué de Pascal TERRASSE, Secrétaire national à la Santé, Claude PIGEMENT, Responsable national à la Santé et Jean LE GARREC, Responsable national aux retraites, 18 juin 2008.