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Mercredi 4 mars 2009

Alors que le Var est un département peu industrialisé, le taux de chômage y a paradoxalement augmenté de plus de 4% en janvier 2009… Rejoignant ainsi la moyenne nationale ! Particularité départementale, le chômage des jeunes a, pour sa part, progressé de plus de 20% !!

 

Qu’est-ce que ça veut dire ? Manifestement, la crise a des effets « inattendus » dans le secteur tertiaire et les emplois de service qui font le bassin de nos emplois…

 

Sans céder au catastrophisme, force est de constater que les effets de la crise auront des effets non négligeables sur l’économie locale et ce, en dépit d’une saison touristique que l’on annonce bonne…

 

Dans ce cadre, le budget 2009 de la ville de Six-Fours tient « naturellement » compte de la situation économique globale : Le texte sur  orientation budgétaire présenté  lors du Conseil Municipal du 19 février, est donc logiquement un budget de rigueur -

 

Mais si la rigueur est de circonstance, sa logique ne s’impose toujours pas de la même manière, à tous les six-fournais…

 

En premier lieu, nous constatons que le Fond de Compensation de la TVA (FCTVA) pénalise les communes qui ont fortement investi entre 2004 et 2007 – Pourquoi ? Parce que le FCTVA « compare » la progression des dépenses réelles d’équipements de 2009… A la moyenne des dépenses réelles d’équipements des 4 précédentes années !

Du coup, ce sont les impôts locaux qui vont augmenter puisque le calcul de la FCTVA oblige les collectivités à d’endetter !!

 

Ainsi, alors qu’un nombre croissant de Six-Fournais connaît des difficultés pour accéder au logement et s’y maintenir, je m’étonne qu’aucun mot, aucune ligne ne vienne faire écho aux difficultés des locataires… En ces temps de crise économique, en ces temps où le pouvoir d’achat est une préoccupation du quotidien, que dire d’un loyer de 450€ pour le studio d’une personne qui en gagne à peine 1000 ? Quand le coût du loyer représente la moitié du salaire, appelle t-on cela la justice sociale ?

 

Manifestement éloigné de ces basses préoccupations, force est de constater que l’attention du Maire se porte exclusivement sur les potentiels acquéreurs d’un bien immobilier, dans le but, dixit « de se soustraire aux amendes » !

De quelles amendes s’agit-il ? De celles qui sont infligées à la commune pour non-respect de la loi SRU, notamment avec l’absence de plus de 2000 logements sociaux !!

 

S’il est « louable » de vouloir soustraire les Six-Fournais à l’amende, il faut tout de même rappeler que ces amendes ne sont pas le fruit du hasard mais correspondent aux choix municipaux qui privilégient, depuis de nombreuses années, le Six-Fours « carte postale » au détriment du quotidien des travailleurs !

 

Quand les choix idéologiques du maire de Six-Fours conduisent « nous autres contribuables » à payer pour le non-respect de la loi SRU, il est indécent de vouloir « se soustraire aux amendes » ! Non, M. Vialatte, les Six-Fournais ne sont pas responsables de la gestion désastreuse du parc immobilier !!

 

Alors que le Conseil Général annonce une baisse drastique des subventions allouées aux associations sportives et culturelles du département, la position du maire de Six-Fours n’est pas de nature à nous rassurer :

 

En effet, dans un document remis aux Conseillers Municipaux, il est écrit « les subventions aux associations feront l’objet d’un examen particulièrement attentif ». Selon le Maire il faut « diminuer les charges de 4 à 5 % ».

 

Sans rien connaître des critères qui permettront l’attribution – ou non – des subventions municipales, quelle sera la position de la Mairie si un club sportif ou association culturelle voit ses subventions baisser de façon significative ?

 

En stigmatisant certaines structures associatives qui, selon M. Vialatte, ont une trésorerie trop importante, ne risque t-on pas de fragiliser inutilement des structures qui ont leur importance dans le tissu associatif local ?

 

Mon inquiétude et ma vigilance sont grandes sur ce point…

 

Dans un geste « social », et en vue de soutenir nos concitoyens les plus vulnérables, le maire nous annonce fièrement vouloir renforcer les moyens du Centre Communal d’Action Social de Six-Fours… En baissant de 3% le budget dudit CCAS !?

 

Car, contrairement à ce qui avait été annoncé dans le dernier Six-Fours Magazine, c’est bien une baisse de 3% de son budget qui va affecter le CCAS de Six-Fours ! Et l’on voit mal, dans ces conditions, comment pourrait intervenir un soutien accru auprès des personnes les plus en difficultés ?

 

Logique municipale ou logique gouvernementale, j’ai parfois l’impression que les deux se confondent…

 

Plutôt que la proposition du maire qui vise une réduction de la majoration appliquée au-delà des 50 premiers m3 de consommation pour l’abonné, nous entendons qu’il faille mettre à plat la tarification de l’eau pour que le premier m3 consommé par mois et par habitant soit gratuit et que soit ensuite appliqué une tarification proportionnel à la consommation effective – sans rien coûter à la commune, ce calcul permettrait d’alléger les budgets les plus fragiles –

 

M. Vialatte est, certes, sorti des urnes, mais l’issu d’un vote n’est pas un argument et ce choix d’un jour est devenu un choix que nous tous payons tous les jours !!

 

En 2009, si la gestion locale et gouvernementale suivent la même tendance, nous ne sommes pas dupes d’un budget fait de promesses dont le coût humain et financier n’épargnera pas les Six-Fournais 

                           

 Didier PILLE Secrétaire de section        

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Samedi 7 février 2009

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Samedi 7 février 2009

 

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Dimanche 1 février 2009
PARTI SOCIALISTE BP 40157 83140 Six Fours les Plages COMMUNIQUE DE PRESSE Toulon, le 1er février 2009, Dans les colonnes de VM du vendredi 30 janvier, M. Eric TAMBURI a fait part de son souhait de « travailler » avec, je cite « certaines personnes ouvertes comme Damien GUTTIERIEZ à l’UMP ou Didier PILLE du PS ». Si je suis honoré d’être une « personne ouverte». Cependant, je tiens à préciser deux points : - Eric TAMBURY, est un militant du Nouveau Centre et à ce titre, soutient la politique de N. SARKOZY et du Député Vialatte qu’il prétend combattre par ailleurs. - Eric TAMBURY est, on le sait, un expert en manipulation et pression de toute sorte. N’a-t-il pas contribué à la création, quelques mois avant les élections municipales, d’une association de défense du logement social à Six Fours, dont le but initial n’était pas la défense des habitants les plus modestes de Six Fours, mais la déstabilisation de Bernard SENET (Conseiller municipal de l’époque) dans le but d’affaiblir un candidat potentiel face à lui. Les propos rapportés par VAR MATIN n’engagent que son auteur et sont en définitive une tentative de manipulation que je dénonce avec force. Parce que je suis un républicain, un homme de dialogue, j’accepte de parler, d’échanger avec chaque Six Fournais. En tant que Six Fournais, j’accepterai bien sur le dialogue avec E. TAMBURY : rien de plus, rien de moins. Le secrétaire de Section Didier PILLE
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Dimanche 9 novembre 2008

Allocation inaugurale de Didier PILLE,
Secrétaire de la Section de Six-Fours les Plages



Après le vote en section le 6 novembre dernier, s'est tenu dans notre commune le Congrès Fédéral du Parti Socialiste. Organisée par la section de Six-Fours, cette importante manifestation s'est déroulée samedi 8 novembre, à partir de 9h, salle Scarantino dans les meilleures conditions et à la satisfaction générale.
Après l'allocution inaugurale de Didier PILLE, secrétaire de notre section, Robert ALFONSI, Premier Secrétaire sortant de la Fédération du Var, a fait une analyse approfondie de la situation politique depuis les élections présidentielles, dans une allocution très applaudie. A cette occasion, il a annoncé qu'après 11 années passées au service de la Fédération, il souhaitait se consacrer à ses fonctions électives. Il ne sera donc pas candidat à sa propre succession.

Pour le remplacer, deu
x candidats se sont fait connaître à cette occasion. Nous les connaissons bien puisqu'il s'agit de :
Mireille PEIRANNO, Conseillère régionale (motion Ségolène Royal),
Marc VUILLEMOT, Maire de La Seyne sur Mer (motion Benoit Hamon).
Les militants varois les départageront le 20 novembre prochain, en même temps qu'ils choisiront le Premier Secrétaire du Parti et tous les secrétaires de section.

Dans le département du Var, la motion Ségolène Royal a recueilli 46,6 % des voix devant la motion Benoit Hamon dont le score s'élève à 25,4%.
Par ps six-fours - Publié dans : Actualité du Parti Socialiste
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Samedi 25 octobre 2008
Un jeune journaliste afghan de 23 ans, Perwiz Kambakch, condamné à mort en janvier dernier, a vu sa peine réduite en appel, ce mardi 21 octobre, à 20 ans de prison par un tribunal de Kaboul. Perviz Kambakhsh est accusé de blasphème contre l'islam pour la simple raison d'avoir consulté sur internet et imprimé un article sur la situation des femmes en islam et de l'avoir distribué à ses camarades.

Torturé en prison, il a été forcé de signer un document reconnaissant qu'en imprimant cet article, il a pu « interpréter de manière erronée des versets du Coran ».

Le Parti socialiste exprime son indignation face à de tels procédés pour réprimer la liberté d'expression et d'opinion en Afghanistan. Il demande à l'Union européenne de rappeler aux autorités afghanes leurs engagements vis-à-vis de la communauté internationale en matière de droits de l'homme.

Il demande également au gouvernement français, soutien proclamé de l'avènement de la démocratie en Afghanistan, quelle action celui-ci envisage d'entreprendre vis-à-vis des autorités afghanes pour le respect des droits de l'homme, notamment le droit à la liberté d'opinion, fondement de la démocratie, ainsi que pour la libération de Perviz Kambakhsch.

Communiqué de Pierre Moscovici, Secrétaire national aux relations internationales


Par ps six-fours - Publié dans : Droits de l'homme
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Samedi 25 octobre 2008
Malgré un avis favorable de la commission des affaires sociales du Sénat, la haute assemblée a finalement suivi le groupe socialiste dans son refus de voter l'article 17 de la loi Boutin « Mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion », qui vidait de son sens l'article 55 de la loi SRU du 13 décembre 2000, dite Gayssot-Besson-Bartolone. Cette loi emblématique de la gauche impose 20% de logements sociaux dans toutes les communes de plus de 3.500 habitants (1.500 pour la région Ile de France).

En proposant d'intégrer dans le décompte des 20% les logements d'accession sociale à la propriété, Christine Boutin ne revient pas seulement sur la promesse faite à l'abbé Pierre de ne plus toucher à la loi SRU. Elle encourage les maires de droite qui refusent la mixité sociale et freine, avec un budget en baisse de 9% en 2009, la construction des logements sociaux nécessaires à notre pays.

La majorité a déjà modifié plusieurs fois cette loi en intégrant en 2005 les logements en foyers pour personnes handicapées mentales et les logements occupés ou acquis par les harkis ou, en 2006 les logements HLM vendus à leurs locataires. Un puissant lobby d'élus de droite hostiles au logement social continue de réclamer régulièrement l'abrogation d'une loi qu'ils refusent d'appliquer dans leurs communes.

Cette nouvelle tentative de dénaturation de la loi SRU va dans le même sens que la suppression ou la diminution de la Dotation de Solidarité Urbaine (DSU) pour de nombreuses communes comprenant des logements HLM, en limitant leurs possibilités de promouvoir au quotidien la mixité et le vivre ensemble.

A la suite du vote négatif du Sénat, le Parti socialiste demande au gouvernement de retirer l'article 17 de la loi et de renoncer à le faire voter à l'Assemblée nationale. Il demande l'augmentation de la DSU et le durcissement de l'article 55 de la loi SRU pour obliger les communes égoïstes à réaliser l'effort que la collectivité exige et donner aux autres les moyens de pratiquer la solidarité urbaine.

Communiqué du Bureau national

Par ps six-fours - Publié dans : Logement
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Samedi 25 octobre 2008
La semaine dernière était adopté un plan de soutien au système bancaire, le PS n'a pas souhaité s'y opposer mais a souligné la nécessité et l'urgence d'un plan de soutien à l'activité. C'est le projet de budget pour 2009 qui aurait dû être la traduction légale et budgétaire de ce plan nécessaire.

Il n'en est rien, le projet de budget pour 2009 est déjà totalement dépassé, c'est un véritable plan de rigueur qui est programmé.

L'instrument politique permettant d'agir sur l'économie est donc en complet décalage avec la réalité économique et sociale. Les hypothèses retenues sont mensongères, la croissance sera inférieure à 1% et les déficits supérieurs à 2,7% du PIB.

L'analyse des crédits ministère par ministère montre une déconnexion totale par rapport à la réalité. Alors que le chômage remonte, les crédits alloués au ministère du travail diminuent de 5,3%. Le secteur du bâtiment est en difficulté et la crise du logement s'amplifie, mais les crédits de la mission « Ville et logement » baisseront de 6,2% en 2009. Alors que l'investissement recule en France, le projet de budget pour 2009 prévoit une diminution des crédits alloués aux collectivités territoriales, pourtant les principaux investisseurs publics.

Enfin, la crise économique et sociale rend encore plus injustes et contre-productives les mesures phares du paquet fiscal adopté en juillet 2007. Il en va ainsi du bouclier fiscal au moment où chacun devrait participer à l'effort nécessaire à proportion de ses ressources. Il en va également, dans un contexte de dégradation de la conjoncture et de l'emploi, des exonérations de charges sociales sur les heures supplémentaires qui constituent un facteur d'aggravation du chômage, sans être un moyen de redresser le pouvoir d'achat. Le travailler plus pour gagner plus devient dans la conjoncture actuelle une machine à fabriquer du chômage.

Communiqué de Michel Sapin, Secrétaire national à l'économie et à la fiscalité

Par ps six-fours - Publié dans : Economie
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Mardi 21 octobre 2008

Le Parti socialiste soutient la mobilisation des retraités, face à une érosion continue du niveau des pensions, que les dernières et timides annonces du pouvoir pour avril prochain, ne peuvent ni masquer, ni conjurer.


Le pouvoir a en effet tourné le dos à ses engagements et à ses promesses de campagne électorale. Non seulement, il  n’y aura pas de progression du niveau de vie des retraités, cette année, mais il y aura bel et bien baisse importante de leur pouvoir d’achat, face à l’inflation et notamment à la hausse des prix des produits de première nécessité.

 

Cette situation est injuste socialement et dangereuse économiquement. De plus, il n’est pas acceptable qu’un million de personnes âgées connaissent la pauvreté, que 50 % des quelques 13,5 millions de retraités disposent de revenus inférieurs, ou à proximité du Smic.

 

Le Parti socialiste se félicite de la mobilisation unitaire de toutes les organisations et associations concernées pour une revalorisation immédiate des pensions, afin d’endiguer la baisse inacceptable du pouvoir d’achat.

 

Il approuve également la volonté exprimée par la plupart des organisations de défendre et d’améliorer le système par répartition au moment où la crise financière, aux USA en particulier, confirme la fragilité et les risques d’un système par capitalisation à la fois injuste et dangereux pour la grande majorité des retraités.

 

Cette journée de mobilisation souligne malheureusement l’échec de la réforme Fillon de 2003, prolongé et aggravé aujourd’hui par la gestion SARKOZY/FILLON.

 

 Communiqué de Pascal TERRASSE, Secrétaire national à la santé
et Jean LE GARREC, Responsable national aux retraites,
16 octobre 2008

Par ps six-fours - Publié dans : Retraites
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Mardi 14 octobre 2008

Ce soir mardi 14 octobre, vous pourrez voir en prime time sur France 2 une émission entière consacrée à la crise du logement, intitulée Ils font bouger la France. Une émission présentée par Béatrice Schönberg, par ailleurs épouse de Jean-Louis Borloo, lui-même prédécesseur de Christine Boutin à la tête du ministère du Logement. A priori, on ne peut que se féliciter que le débat politique, sur un thème aussi crucial, s’ouvre pendant deux heures à une heure de grande écoute.

C’est d’ailleurs pour cela que dès que les journalistes de cette émission ont contacté Jeudi Noir, en juin dernier, nous avons tout fait pour les aider : des réunions avec eux, des conseils pour rencontrer des mal-logés donnés à la pelle, des reportages sur nos réquisitions, l’explication de nos revendications, etc. Et quand il nous a été proposé d’intervenir sur le plateau de l’émission face à Christine Boutin, nous avons accepté, pour porter le débat sur sa loi qui arrive ce même jour au Parlement, ses défauts et ses insuffisances.

Vous comprendrez en regardant l’émission pourquoi nous avons déchanté… Pourtant, notre collectif a désormais une assez grande expérience des médias. Et même si nous ne nous faisons pas de grandes illusions sur leur capacité à mettre en scène des débats sur le fond, nous arrivons presque tout le temps à glisser des éléments de compréhension sur les causes politiques de la crise du logement, et à faire entendre la voix des mal-logés.

C’est en arrivant sur le plateau que nous comprenons que nous serons cantonnés aux canapés derrière le plateau lui-même, et que nous parlerons d’en bas, en interpellant la ministre une minute, mais jamais sur un pied d’égalité avec elle ou Jean Perrin, le représentant des propriétaires de l’UNPI. Nous serons aussi les seuls sans micro «HF», mais avec un micro à la main, c’est-à-dire que nous ne pourrons parler que quand on nous en donnera la permission, sans aucun droit de suite. Sur tous ces points, encore un quart d’heure avant l’émission, on nous promettait l’inverse, c’est-à-dire que, dans une émission où tout était minuté (au point que la journaliste nous demandait de nous limiter à telle ou telle revendication), on nous avait menti d’un bout à l’autre. De même, le reportage tourné sur Jeudi Noir et ses étudiants contraints de réquisitionner les bâtiments vides est finalement passé à la trappe.

«Ça ne sert à rien de prendre la parole, vous n’avez pas le micro»

Bien qu’invités, nous n’avons pas le droit de prendre la parole, même quand Christine Boutin sort des énormités. Sans bien sûr être reprise à aucun moment par Mme Schönberg-Borloo. Premier exemple : Boutin, révoltée par la crise du logement, menace le représentant des propriétaires d’une vague de réquisition d’appartements vacants. Mme Schönberg-Borloo aurait pu lui rappeler qu’elle avait fait la même promesse il y a un an à l’approche de l’hiver 2007, «si nécessaire». Nécessité fut. Mais de réquisition point.


Second exemple : pour se dédouaner des échecs répétés de son gouvernement, Mme Boutin tente d’expliquer que «la crise du logement est une conséquence de la crise financière». Ah bon ? Pourtant, la crise du logement existe depuis près de dix ans. Pourtant c’est plutôt la crise du logement, la bulle immobilière, les subprimes et l’idéologie du «Tous propriétaires», qui sont à l’origine de la crise mondiale. Face à cela, Béatrice Schönberg-Borloo s’en prend… au militant de Jeudi Noir : «Non, mais ça ne sert à rien de prendre la parole, vous n’avez pas le micro.» L’émission est en différé, inutile de faire un esclandre…

Inutile non plus de dire qu’à aucun moment Mme Schönberg-Borloo ne demandera à Mme Boutin si ses maisons à 15 euros, qui ressemblent fortement aux maisons à 100 000 euros dites aussi «maisons Borloo», vont connaître le même échec. Christine Boutin et Jean Perrin, le représentant des propriétaires de l’UNPI, peuvent deviser tranquillement côte à côte. La ministre passe même pour une grande humaniste comparée à Jean Perrin, qui, confronté aux difficultés d’une jeune mère célibataire, déclare tranquillement que «à mon époque, il y avait un papa et une maman. Alors si on veut faire un bébé toute seule, hein…».



Pascal Légitimus et Mme Fort Boyard en experts

Sont venues ensuite les prises de parole d’incontestables experts sur des sujets graves : la discrimination raciste dans l’accès au logement et la conversion écologique de l’habitat. Pour le premier sujet est arrivé, au dernier moment, Pascal Légitimus, célèbre membre du trio Les Inconnus qui a fait les belles heures de France 2 il y a vingt ans. «Quelle est sa légitim(us)ité ?», pensions-nous. En effet, hormis des blagues tombant totalement à plat, le comique a déclaré tout de go qu’il était « SDF, c’est-à-dire sans difficulté financière». Il était antillais, il était connu, il était (censé être) drôle, il était de France 2, trois raisons suffisantes pour être un expert des discriminations dans l’accès au logement ?

Pour le second sujet, nous avons vu surgir une autre surprenante spécialiste : Cendrine Dominguez, l’ex-animatrice de Fort Boyard de France 2 et inoubliable auteur de Les Terrines de Cendrine, présentée comme spécialiste de décoration d’intérieur. Elle était invitée pour parler de maisons écologiques, mais surtout sans politiser la question, pour dire que chacun pouvait faire son petit geste pour la planète, grâce aux mesures prises par le gouvernement.

Chaque reportage est ponctué d’applaudissements du public enregistrés à l’avance, comme si cette actualité heureuse des mille et unes initiatives individuelles censées répondre à la crise du logement (rentes viagères, colocation intergénérationnelle…). A la fin, Mme Schönberg-Borloo nous demande de tous nous réunir au centre de ce plateau sur lequel nous n’avions pu poser le début d’un orteil, pour montrer à la caméra que tous ensemble, nous faisions bouger la France, en nous battant tous pour le logement. Oui, nous tous, y compris la ministre qui démantèle la loi SRU et prend un milliard d’euros au 1 % logement pour compenser les coupes claires dans son budget. Y compris aussi le chef des propriétaires qui pense que les mères célibataires mal-logées l’ont quand même bien cherché.

 

«Je n’ai pas eu le disque de Carla Bruni !»


Un seul événement est venu perturber ce bel ordonnancement où ministre et femme de ministre se répondent et se congratulent sous les applaudissements : un coup de gueule mémorable d’Augustin Legrand, des Enfants de Don Quichotte, qui bouillait sur la banquette à côté de nous. D’entrée, il parle des promesses trahies de Borloo de 2007, «votre mari», souligne-t-il à Béatrice Schönberg-Borloo. Coup de froid et de vérité sur le plateau.
Sans doute pour pouvoir couper au montage cet intolérable débordement, la présentatrice lui repose trois fois la même question «mais alors, Augustin, à l’approche de l’hiver, vous êtes confiants ?». Après une tirade d’Augustin prouvant par A plus B les mensonges du gouvernement et le silence obligé des associations caritatives financées par l’Etat, Mme Boutin et sa conseillère en com’, qui lui chuchote à l’oreille entre chaque séquence, font pâle figure. Quand Augustin lui rappelle ce jour du Conseil des ministres en juillet 2008 où elle avait reçu le disque de Carla Bruni, où elle avait été
félicitée par le Front national pour avoir promis de loger «tous les Français», elle ne trouve à balbutier que : «Ah non… non non, je n’ai pas eu le disque de Carla Bruni…»


Touchée-coulée la ministre ? Non non non, l’autre invité, le prêtre Bernard Devert, président de la fondation Habitat et Humanisme vole au secours de… Christine Boutin, en disant que c’est vraiment dur d’être ministre et qu’elle est vraiment de bonne volonté etc etc. Il faut dire que ce prêtre-agent immobilier n’est pas un farouche opposant (voir sa vidéo lors de sa rencontre au ministère du logement ici ou cette interview , où il disait que faire du logement social une priorité nationale «tenait à cœur à madame la ministre»)… Et Béatrice Schönberg-Borloo de conclure : «C’est pas facile d’être ministre…»


Vieux militants, jeune producteur…

A la sortie, Mme Boutin fait mine de ne pas trop s’inquiéter pour sa réforme de l’article 55 de la loi SRU, critiquée de toute part. «Il y a aussi des élus socialistes qui sont pour la réforme de la loi SRU.» Intox ?


Dans les coulisses, nous croisons également Emmanuel Chain, l’ex-animateur de M6. Apprenant qu’il est producteur du programme, nous lui donnons notre avis sur cette émission biaisée. Que n’avions-nous pas dit… «Vous n’allez pas m’apprendre mon métier quand même ! Vous ne pouvez pas juger, attendez de voir le montage.» Comme si nos deux minutes de prise de parole allaient se transformer en 20 minutes par la joie du montage pro-Jeudi Noir de M. Chain. Peut-être comptait-il nous monter au ralenti ? Mais surtout, puisque M. Chain, en faisant ainsi la promotion de Mme Boutin, exerçait son «métier», notre critique, elle, ne pouvait être que «politique» n’est-ce pas, selon ses propres mots, et donc inacceptable. La sentence du toujours jeune Emmanuel Chain, amusé puis agacé, tombait rapidement : «Vous êtes des militants, vous êtes déjà vieux dans votre tête.» Vieux, vieux, peut-être… La BBC a été créée il y a plus de 80 ans, et elle n’aurait jamais toléré un spectacle ORTF de cet acabit chez elle !

Manuel Domergue (Jeudi Noir), 14 octobre 2008

http://ministeredelacrise.blogs.liberation.fr/logement/2008/10/je-lai-dit-votr.html

Par ps six-fours - Publié dans : Logement
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